Introductory speech by Leen d'Haenens

Ladies and Gentlemen,

As a founder member of the Association for Canadian Studies in Flanders, I am happy to be given this opportunity to introduce to you our experts from Belgium and Canada.

After hosting three conferences on more familiar themes, our Association is now branching out somewhat, as demonstrated by the fact that this time we had to look beyond our usual repository of talent, which - while quite large - does not include, say, experts in peace studies…

It took several telephone conference calls with Canadian embassy and Canadian mission to NATO staff, but we were finally able to come up with the program you have been given this afternoon.

We do have some experience in hosting a conference, however. In the past we organized events on a variety of topics such as Internet policy initiatives in Canada as compared European policy - at the University of Antwerp, UIA. A symposium held in Ghent compared the approaches of Belgium and Canada as two federal States having to deal with two major linguistic communities : cultural identity, language rights and federalism, how to combine federal unity and a national-federal identity taking into account diverging cultural and linguistic aspirations. The third conference, held at the University of Leuven, looked at the dimension of multiculturalism, of pluriformity as a main characteristic of both societies.

While the first two conferences were mainly monodisciplinary in scope, centering mostly on aspects belonging to communication science and law, the third conference brought together sociologists, anthropologists and communication specialists, both academics and prac-titioners.

This is an approach we intend to stick to: we are planning two new conferences, one on Canadian immigration policy and the Belgian presence in Canada, and one on refugees, refugee law and portrayal of refugees in the media.

We will let you know in due time when and where these seminars are to take place. Should some of you be interested in becoming a member of the Association, please feel free to pick up a registration form on one of the tables at the entrance. You will also find, on one of these tables, two Ottawa University Press publications stemming from our previous conferences.

Before attending to what I was asked to do - that is, giving you some background about our panelists - I would like to venture two remarks/questions about the world we currently live in (and I will do that in French, the other official language of both Belgium and Canada):

1) Dans l’Atlas 2001 des conflits, numéro spécial de la série Manière de voir du Monde Diplomatique, Ignacio Ramonet nous confirme que les conflits de nouveau type qui menacent désormais les sociétés humaines seront de deux ordres : économiques et écologiques plutôt que militaires.

D'abord, donc, conflits économiques - il s’agit ici des spéculateurs et affairistes de tout poil qui n’aspirent qu’à s'enrichir au plus vite, sans souci des inégalités qui continuent paradoxalement de se creuser, atteignant des niveaux jamais vus depuis 1929 - et ce malgré l’élévation globale du niveau de vie. A ces menaces politico-économiques viennent s'ajouter des dangers d'ordre écologique : dérèglements de la nature, pollutions diverses, bouleversements qui concernent l'intime (santé, alimentation) et l'identité (procréation artificielle, ingénierie génétique).

Outre ces conflits « nouveau style », les bons vieux conflits à l’ancienne sont encore très loin d’avoir disparu. Et - on fait trop souvent mine de l’oublier - la notion somme toute abstraite de « conflit » recouvre systématiquement des réalités sanglantes, des populations qui souffrent.

Comme vous le savez, les principaux conflits se situent en de nombreux points d'Afrique, au Proche-Orient et en Asie du Sud-Est, en Europe de l'Est et en Amérique centrale.

« Hindsight is 20/20, they say » - il est facile de dresser une carte après coup. Mais comment faire pour prévoir et prévenir ? Sur quels outils pouvons nous compter à cette fin ?

Des conflits graves, on l'a constaté, notre planète en est infestée - et ils créent des millions de réfugiés : selon les derniers chiffres du Haut-Commissariat pour les réfugiés, il y en a eu 22,3 millions en l’an 2000.

Les États-Unis et l'Allemagne sont en tête des pays d'accueil. Par rapport à ses contributions financières aux agences internationales d'aide aux réfugiés, la Norvège vient en tête de liste avec 15,6 dollars par habitant et par an ; suivent, en seconde et troisième position, le Danemark et la Suède. Le Canada donne 1,3 dollar par habitant et par an, et la Belgique, moins encore : 0,9 dollar.

2) Ce qui m'amène a mon second point : étant donné le caractère supranational de nombreux conflits actuels, ces deux États de seconde zone que sont la Belgique et le Canada sur l’échiquier géopolitique mondial peuvent-il marquer leur différence face à la seule superpuissance actuelle, les États-Unis ?

Si cette question mérite d'être posée, la réponse a peut-être davantage de chances d’être un timide « oui » ces jours-ci - du moins si devaient se confirmer dans les faits les principes de ce que l’on commence à appeler la « doctrine Powell » : non-interventionnisme franc et démarche de politique étrangère axée sur la stricte défense d’intérêts vitaux US définis de la manière la plus restreinte possible. Un pragmatisme, voire un cynisme « à la française », comme le dit The New Republic, qui pourrait bien être dangereux pour la stabilité mondiale à très court terme.

Il sera donc intéressant de voir ce que pensent les participants de cette orientation naissante de la diplomatie américaine, et d’entendre leur point de vue sur la position que devraient adopter la Belgique et le Canada. Un vide se crée-t-il qui leur donnera les coudées franches ? Ou cette doctrine de la non-intervention (et ne parlons pas de « devoir d’ingérence » !) face à toute (je cite) « raison douteuse » telle que « la construction d'une nation ou autre considération humanitaire » est-elle susceptible de contaminer nos gouvernements respectifs ? En d'autres termes - et toutes considérations de déontologie mises à part pour un instant - existe-t-il encore une marge de manoeuvre diplomatique susceptible de sauver, si par accident, encore quelques vies - ou sommes nous à la veille d’un repli général de l’Occident sur ses petites frontières ?

Il me reste encore la tâche agréable de vous présenter brièvement nos participants aux deux séances consécutives.

From the Belgian side, we invited four academics, among whom three are active in peace studies and political science at the Universities of Ghent and Brussels: Prof. Rudy Doom (Dean of the faculty of social and political sciences and head of the Center for Third World Studies at the University of Ghent) known for his design of a conflict-prediction model which could make it possible for intervention to take place before violent escalations occur.

In that respect, I am very glad that Prof. Jef Verschueren (University of Antwerp) accepted to be one of the panel members: he will elaborate on the role of the media in conflict prevention and describe his involvement in the newly set up International Communication Monitor, which aims to monitor international communication flows (and I quote) in view of local, regional, and global peace and stability.

Prof. Gustaaf Geeraerts - Director of the center for Polemology of the Free University of Brussels and chair holder in international relations - will intervene in the second session on so-called ethical diplomacy. This session will be chaired by Dr. Robert McRae, permanent deputy representative at the Canadian Joint Delegation to NATO, who co-edited a book entitled "Human Security and the New Diplomacy. Protecting People, Promoting Diplomacy", published with McGill-Queen's and soon to be released.

Prof. Rik Coolsaet from the Political Science department at the University of Ghent, will open this second session with a few thought-provoking statements on ethical diplomacy.

In addition to Academe, we have panelists from the « real world »… I am pleased to introduce to you Chris Dietrich, an American researcher currently working for the Partnership Africa Canada on a project related to diamonds in the Congo, in conjunction with IPIS, the International Peace Information Service, which was founded in Antwerp in 1980. The goals of this organization are to collect and disseminate objective information about peace-related issues as widely as possible.

Je suis également heureuse de vous présenter monsieur Thierry Germond, Chef de la délégation du Comité international de la Croix-Rouge à Bruxelles. Les activités de la Croix-Rouge dans le domaine de l’aide humanitaire se passent de commentaires.

Maître Pierre Legros a fondé en 1992 l'association Avocats sans Frontières, dont la devise est « Il n'y a pas de justice sans défense ». Avocat au barreau de Bruxelles et professeur de déontologie à la faculté de droit de l'Université Libre de Bruxelles, il est également co-auteur d'un livre intitulé « L'exigence humanitaire. Le devoir d'ingérence ».

J’ai d’ailleurs appris à la lecture de ce livre que c’est à Bernard Kouchner que l’on doit l’expression « devoir d'ingérence », forgée en 1987 à l'occasion de la première Conférence internationale de droit et de morale humanitaires.

Madame Marianne Libert, co-auteur de « L'exigence humanitaire (…) », est également collaboratrice d'ASF et, dans une vie antérieure, était responsable de l'information et de la communication en République Centrafricaine.

Thanks to the intervention of the Canadian embassy in Brussels we are also able to warmly welcome Professor Charles Philippe David and Professor Erica Simpson. Professor David (Université du Québec à Montréal) is a well-known specialist on strategies and international diplomacy in general, and the US and Canadian security and defense policies in particular. Professor Erica Simpson is from the University of Western Ontario. Her latest book on Canadian defense and foreign policy will be out shortly, and she is a frequently heard commentator on related issues on Canadian television and radio.

As you may already have noticed on our program, Peter Verlinden, our chair for the first session (Conflict Prevention, Human Security, Role of the Media), is a media practitioner. He is a journalist working for the VRT, the Flemish public service broadcaster, as director of the foreign news desk. Moreover he is a renowned expert on Canada and Africa.

Leen d'Haenens

Colloquium "Humanitarian Intervention and the New Ethical Diplomacy" - Studiegenootschap Canada